01 juin 2009

Claude Chabrol : QUELQUES IMAGES .....

On peut trouver quelques images de la bande-annonce de l'adaptation filmée par  Claude Chabrol  avec Isabelle Huppert dans le rôle titre :

http://www.dailymotion.com/video/x1tl8_madame-bovary_school

ainsi que quelques éléments  critiques sur les points de vue adoptés dans le film :

http://www.cadrage.net/dossier/bovary.htm

Les Brouillons de l'oeuvre.

Sur le site de l'Université de Rouen , il est possible d'avoir accès aux brouillons de l'oeuvre qui donnent  une bonne idée du travail de l'écrivain :

http://flaubert.univ-rouen.fr/bovary/bovary_6/accueil-0.html

31 mai 2009

Les Lumières:"La critique religieuse, politique et sociale au 18ème siècle."

OBJET D’ETUDE : Le Mouvement Littéraire : le siècle des  LUMIERES.

                                « La critique religieuse, politique, sociale au 18ème siècle. »  

Perspective d’étude : Etude des idées politiques et morales des Lumières

Perspectives complémentaires : - les armes de la dénonciation,

                                                    - la technique du regard étranger,  

                                                    - la fonction de l’apologue, de la parodie, de l’ironie….

Groupement de textes :

- lectures analytiques :

 

- Texte 1 : Beaumarchais, le Mariage de Figaro, Acte V, Scène 3 : le monologue de Figaro : « Ô femme! Femme ! femme !....il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. »

Quelles sont les cibles et  procédés de la critique ? »

Texte étudié aussi dans l’objet d’étude « Théâtre »

- Texte 2 : Voltaire, L’Ingénu, ch.XVI : « Voilà un abominable pécheur…..à sa plus grande gloire. »

Comment  la trame narrative permet-elle de développer la satire religieuse ? Quel rôle joue la parodie ?

-  Texte 3 : Montesquieu, Lettres persanes, Lettre XIV : le discours du vieillard : « Comme le peuple grossissait…..je vous ai laissés sous un autre joug que celui de la vertu. »

Par quels moyens l’apologue sert- il la réflexion politique ?

Textes complémentaires :

Emmanuel Kant : « Qu’est-ce que les Lumières ? »

Corpus sur la technique du regard étranger et la fonction du candide et de l’ingénu dans la critique philosophique :

Montesquieu, Lettres persanes, XXIV (1721) - le roi de France.

Voltaire, Micromégas (1752)

Voltaire, Candide, ch.XXII. (1759)

Voltaire, André Destouches à Siam. (1768)

Diderot, Le Supplément au voyage de Bougainville.(1771)  -  le discours du vieillard tahitien.

Devoirs faits :

Corpus sur l’absurdité de la guerre : (devoir d’entraînement )

- Texte 1 : Voltaire, Article « Guerre »du Dictionnaire Philosophique Portatif. 1764, « Le merveilleux de cette entreprise infernale ….les prétendus intérêts d’un homme que nous ne connaissons pas ? »

- Texte 2 : Voltaire, un conte philosophique, Micromégas, Chapitre VII : « A ce discours, tous les philosophes secouèrent la tête……en font remercier Dieu solennellement. »

Texte 3 - Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit.

Dessin de Plantu.

Devoir en classe en trois heures :

Montesquieu, les Lettres Persanes, Lettres X à XIV. (1721)

L’apologue de Troglodytes :

-         Texte 1 : Lettre XI : les méchants  troglodytes, " Il y avait en Arabie ……aussi durs qu’ils avaient été eux-mêmes. »

-         Texte 2 : Lettre XII : les  bons troglodytes : « Tu as vu mon cher Mirza…..pouvoir rendre un Troglodyte heureux.. »

-         Texte 3 : Lettre XIV : le discours du vieillard : « Comme le peuple grossissait…..je vous ai laissés sous un autre joug que celui de la vertu. »

Commentaire de l’un des trois textes.

Activités proposées :

 

Recherches biographiques  sur  les Philosophes des Lumières : Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot.

Recherches iconographiques :

Illustration du dossier sur les Lumières : recherche personnelle des élèves.

Lectures cursives :

 

Montesquieu,  Lettres persanes. (1721)

Un conte philosophie de Voltaire, L’Ingénu,

Lectures et recherches personnelles :

 

 

 

Les élèves ont élaboré un dossier sur le siècle des Lumières en s’attachant à mettre en évidence :

- l’époque, - les idées du siècle des Lumières,

- la dénonciation des fléaux, - les armes de la dénonciation,  - la censure

 

Flaubert,Madame Bovary.(1857)

OBJET D’ETUDE :Le Roman et ses personnages : vision de l’homme et du monde.

ETUDE D’UNE ŒUVRE INTEGRALE : Gustave FLAUBERT, Madame Bovary , (1857).

Comment le regard du romancier passe-t-il de la présentation des personnages à l’étude des mœurs de son siècle ?

Perspective dominante : Etude des personnages, peinture des mœurs d’une société.

Perspectives complémentaires : Un roman réaliste ?

                                                   Le travail de l’écrivain : le style, l’épreuve du « gueuloir »

                                                   « Le livre sur rien. »,Jean Rousset.

Lectures analytiques :

(quatre textes)

 

 

 

 

Gustave Flaubert, Madame Bovary.

- Première partie, ch.III : Charles et Emma dans la cuisine des Bertaux. « Il arriva un jour vers trois heures…..sur la pomme de fer des grands chenets. »

 - Première partie, ch. VIII : Le bal à la Vaubyesssard : « On entendit une ritournelle….revenaient se fixer sur les vôtres. »

- Deuxième partie, ch. VIII : Les Comices et  la déclaration de Rodolphe à Emma : « M.Lieuvain se rassit…..leurs doigts se confondirent. »

- Troisième partie, ch ; VIII :  La mort de l’héroïne : « Cependant elle n’était plus aussi pâle….Elle n’existait plus. »

Textes complémentaires :

Extraits de quelques Lettres à Louise Collet  ou Louis Bouilhet sur le travail d’écriture de l’œuvre.

Zola : « Gustave Flaubert. L’écrivain » et « Gustave Flaubert. L’homme. » repris dans «Les Romanciers naturalistes. »(1881)

Devoirs faits :

 

 

Etude d’un corpus : « Les scènes de bal. »

- Perrault, Cendrillon. (1697) ;- Madame de la Fayette, La Princesse de Clèves. ;-Balzac, Sarrasine, (1830)

- Guy de Maupassant, La Parure.(1884) ; - Zola, Germinal.(1885)

Tolstoï, Guerre et paix. (1870)

Guiseppe Tomasi di Lampedusa, Le Guépard.

Activités proposées :

 

 

- Entraînement à l’écriture d’invention :

A partir des minutes du Procès de 1857, rédigez le réquisitoire du Procureur  ou bien le plaidoyer qui autorisera la publication ….

- Comparaison de la scène écrite et de la scène filmée : le bal à la Vaubyessard.

- A partir du site de l’université de Rouen  consacré aux Brouillons de Flaubert , que peut-on dire du travail du style ?

- Etude de quelques scènes du film de Claude Chabrol, avec Isabelle Huppert dans le rôle-titre.

Recherches iconographiques :

Les scènes de bal en peinture :

Renoir, «le Bal au Moulin de la Galette »,(1876)Musée D’Orsay

Lectures cursives :

(L’œuvre lue par l’élève devra être surlignée.)

 

 

Lecture d’un autre roman au choix de l’élève parmi les titres suivants :Madame de la Fayette, La Princesse de Clèves.

L’Abbé Prévost, Manon Lescaut. ; Diderot, Jacques le Fataliste.

Laclos, Les liaisons dangereuses. ; Balzac, Le Père Goriot.

Stendhal, Le Rouge et le noir ; Zola, Germinal.

Gide, Les Faux-monnayeurs. ;Giono, Le Hussard sur le toit.

Duras, Moderato cantabile.

Autre choix personnel :…………………………………………

Lectures et recherches personnelles :

 

Recherches de « topoï » romanesques à travers les lectures faites par les élèves : - la déclaration amoureuse

-les scènes de première rencontre dans d’autres romans,

-la mort de l’héroïne,

22 mars 2009

La Fontaine, Les Fables.

OBJET D’ETUDE : Argumenter, persuader, convaincre.

 

ETUDE D’UNE ŒUVRE INTEGRALE : La Fontaine (1621-1695), Fables,(1678).

 

Perspective dominante : Plaire et instruire : la fiction narrative au service de l’argumentation.

Perspectives complémentaires : Moralité et immoralité des Fables.

                                                   Registre didactique  et  satire sociale et morale.

                                                    A quoi tient le plaisir des Fables ?

 

Lectures analytiques :

 

 

1 - Le Jardinier et son seigneur, Livre IV, 4.

       (Premier recueil, 1668)

2  - L’Enfant et le Maître d’école.

3 - La jeune Veuve.

 

 Fables 4 et 5 données en devoir.

 

 

Textes complémentaires :

 

Rousseau, Emile ou l’éducation , Livre II, réflexion sur le caractère moral des Fables de Monsieur de le Fontaine.

http://michel.balmont.free.fr/pedago/fablesx/emile.html

Devoirs faits :

 

 

Corpus 1 :-Devoir-maison :

Corpus : « Persuader dans les moments graves de l’Existence »

Malherbe, Consolation à M. Du Périer.

La Fontaine, La jeune Veuve.

Voltaire, Les deux Consolés.

Céline, Voyage au bout de la nuit, « La lettre de Montaigne à son épouse. »

Corpus 2 : Devoir surveillé : corpus non encore défini.

 

Activités proposées :

 

 

Explorer le second recueil de Fables : - choisir quelques fables et définir le plaisir qu’on prend à leur lecture….si plaisir il y a !

Recherches

iconographiques :

 

 

http://www.memodata.com/2004/fr/fables_de_la_fontaine/index.shtml

 

Lectures cursives :

 

 

Le conte philosophique : une autre forme de fiction argumentative :

Voltaire, L’Ingénu..

 

Lectures et recherches personnelles :

 

 

 

La fiction argumentative : les différentes formes – la fable, le conte moral ou philosophique, l’utopie …

Le vocabulaire de l’argumentation. : préparer une fiche à partir du livre de méthode

21 mars 2009

Cendrars,La Prose du Transsibérien..

OBJET D’ETUDE : La Poésie.

ETUDE d'une oeuvre intégrale : Blaise Cendrars, Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France. , extrait du Monde entier dans les Poésies complètes  (1912-1923.)

 

Perspective dominante :Un poème pour se dire et dire le monde : le voyage intérieur.

Perspectives complémentaires : - la prose poétique.

                                                    - vers un Art Nouveau.

                                                    -  la part autobiographique et la part de l’imaginaire.

Lectures analytiques :

 

 

Extraits de la Prose du Transsibérien

http://www.franceweb.fr/poesie/transib1.htm

1-« En ce temps-là… Brasier.» : une fugue – un voyage initiatique.

2-« Du fond de mon cœur… à faire l’amour. » : la prostituée et la muse.

3-« Blaise, dis sommes-nous bien loin de Montmartre ?… » : le passé et le présent sans avenir.

4-« Oh viens !...près du pôle. Oh viens ! » : un voyage imaginaire.

5-« O Paris …jusqu’à la fin. » : le retour, entre modernité et tristesse.

Textes complémentaires :

Apollinaire, Alcools, Poème liminaire,"ZONE"- Un poème de la modernité."

http://www.florilege.free.fr/florilege/apollina/zone.htm

Baudelaire,"Les Fleurs du mal," Une Charogne. " 

 (le poète et la muse.)

http://baudelaire.litteratura.com/?rub=oeuvre&srub=pov&id=352

Activités proposées :

Devoir-Maison 1: Groupement sur l’Art Nouveau :

Extrait 3 de Cendrars,

Devoir Surveillé  2 :fait en trois heures en classe.

Devoir-Maison 3 : Rédidez une Préface à votre anthologie poétique personnelle.

Recherches iconographiques :

 

Etude du tableau de Munch.

http://mulot.free.fr/art/18%20-%20Munch%20-%20Le%20Cri-1-0.html

Le douanier Rousseau, les Jungles.

La peinture de Marie Laurencin, maîtresse d’Apollinaire.

Le cubisme, le fauvisme, l’art nouveau, l’art abstrait, le futurisme.

Lectures cursives :

 

Lesctures facultatives de biographies romancées de poètes :

Pierre Michon, Rimbaud le fils.

Jean Teulé, Je,François Villon.

Goffette, Verlaine, D'ardoise et de pluie.

Lectures et recherches personnelles :

 

 

 

Révision du vocabulaire de l’étude de la poésie.

Recherches biographiques et fiches sur l’ensemble des poètes cités.

Les courants littéraires du début du 20ème siècle : l'Art Nouveau,le Dadaïsme,le  Surréalisme,

 

17 mars 2009

Corpus donné au Bac blanc : "Les moceaux de bravoure au théâtre."

LYCÉE GÉNÉRAL MARIE CURIE DE SCEAUX

BAC BLANC  - Séries Générales L  ES et S

Objet d’étude : Le Théâtre, texte et représentation.

« LE MORCEAU DE BRAVOURE. »

 

 

 

CORPUS :

 

Texte 1 : Corneille, Horace, Acte IV, sc.5, vers 1301-1318.  Les imprécations de Camille. 

Texte 2 : Molière, L’Avare, Acte IV, sc.7. Harpagon : « Au voleur… »                                                

Texte 3 : Racine, Bérénice, Acte IV, sc.5. Les adieux de Bérénice.                                                            

Texte 4 : Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte II, sc.8. L’air de la calomnie.

Texte 5 : Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte I, sc.4. La tirade du nez.

 

 

Question (4 points) 

 Les passages font partie des grands moments du théâtre français qu’on appelle des « morceaux de bravoure » : en quoi constituent-ils des défis pour les acteurs qui les interprètent ?

 

TRAVAIL D’ECRITURE (16 points)

 

Vous choisirez l’un des trois sujets suivants 

 

Commentaire composé :

 Vous proposerez un commentaire composé de l’extrait du  Barbier de Séville de Beaumarchais.

 

Dissertation :

            En vous fondant sur votre fréquentation du théâtre, sur vos lectures de pièces et sur les textes du corpus, vous direz en quoi consiste au théâtre le plaisir du spectateur.

 

Ecriture d’invention :

           La pièce d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, est une pièce très longue : afin d’en donner une représentation plus condensée, le metteur en scène envisage la suppression de la tirade du nez. L’acteur qui interprète le rôle de Cyrano s’y oppose avec la dernière énergie.

            Imaginez leur dialogue.

 

Texte 1 : Corneille, Horace . (1640)  « Les imprécations de Camille. »

 

            Après le combat singulier qui opposa son frère Horace, défenseur de Rome, à son époux Curiace, champion vaincu de la ville rivale, Albe, Camille maudit ici et son frère et sa cité.

 

                   Camille.

Rome, l'unique objet de mon ressentiment !

Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !

Rome qui t'a vu naître, et que ton coeur adore !

Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !

Puissent tous ses voisins ensemble conjurés

Saper ses fondements encor mal assurés !

Et si ce n'est assez de toute l'Italie,

Que l'orient contre elle à l'occident s'allie ;

Que cent peuples unis des bouts de l'univers

Passent pour la détruire et les monts et les mers !

Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,

Et de ses propres mains déchire ses entrailles !

Que le courroux du ciel allumé par mes voeux

Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !

Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,

Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,

Voir le dernier Romain à son dernier soupir,

Moi seule en être cause, et mourir de plaisir !

 

 

Texte 2 : Molière, L’Avare.(1668)

                                                                                                    

                [(Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.)]

HARPAGON - Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné ! On m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent ! Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête ! (il se prend lui-même le bras .)Rends-moi mon argent, coquin !... Ah ! C’est moi. Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami, on m'a privé de toi ! Et, puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde ! Sans toi, il m'est impossible de vivre. C'en est fait, je n'en puis plus, je me meurs, je suis mort, je suis enterré ! N'y a-t-il personne qui veuille me ressusciter me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ? Euh ! Que dites-vous ? Ce n'est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu'avec beaucoup de soin on ait épié l'heure ; et l'on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller quérir la justice et faire donner la question à toute ma maison : à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Eh ! de quoi est-ce qu'on parle là ? de celui qui m'a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l'on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l'on m'en dise. N'est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous et se mettent à rire. Vous verrez qu'ils ont part, sans doute, au vol que l'on m'a fait. Allons, vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux ! Je veux faire pendre tout le monde ; et, si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après !

Texte 3, Racine, Bérénice,  (1670).

 

 TITUS.

[…]

Je sens bien que sans vous je ne saurais plus vivre,

Que mon coeur de moi-même est prêt à s’éloigner ;

Mais il ne s’agit plus de vivre, il faut régner.

 

BÉRÉNICE

Hé bien ! Régnez, cruel ; contentez votre gloire :

Je ne dispute plus. J’attendais, pour vous croire,

Que cette même bouche, après mille serments

D’un amour qui devait unir tous nos moments,

Cette bouche, à mes yeux s’avouant infidèle,

M’ordonnât elle-même une absence éternelle.

Moi-même, j’ai voulu vous entendre en ce lieu.

Je n’écoute plus rien, et pour jamais, adieu.

Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez-vous en vous-même

Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,

Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?

Que le jour recommence, et que le jour finisse,

Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,

Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?

Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !

L’ingrat, de mon départ consolé par avance,

Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?

Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.

 

TITUS

Je n’aurai pas, Madame, à compter tant de jours.

J’espère que bientôt la triste renommée

Vous fera confesser que vous étiez aimée.

Vous verrez que Titus n’a pu sans expirer...

 

BÉRÉNICE

Ah ! Seigneur, s’il est vrai, pourquoi nous séparer ?

 

Texte 4 : Beaumarchais,  Le Barbier de Séville, (1775).

Scène VIII : BARTHOLO, DON BAZILE ; FIGARO, caché dans le cabinet, paraît de temps en temps, et les écoute.

(…) BAZILE - ……. Le comte Almaviva est en cette ville.

BARTHOLO.-  Parlez bas. Celui qui faisait chercher Rosine dans tout Madrid?

(…)BAZILE. -  Si c'était un particulier, on viendrait à bout de l'écarter.

BARTHOLO - . Oui, en s'embusquant le soir, armé, cuirassé...

BAZILE -. Bone Deus ! se compromettre ! Susciter une méchante affaire, à la bonne heure; et pendant la fermentation, calomnier à dire d'experts ; concedo.

BARTHOLO -. Singulier moyen de se défaire d'un homme !

BAZILE -. La calomnie, Monsieur ! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien: et nous avons ici des gens d'une adresse !... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné.Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'oeil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?

 

Texte 5 : Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, (1895) « La tirade du nez. »

 

 Le Vicomte                                       Personne ?

Attendez ! Je vais lui lancer un de ces traits ! ...

(il s’avance vers Cyrano qui l' observe, et se campant devant lui d' un air fat.)

Vous... vous avez un nez... , eu... un nez... très grand.

 

Cyrano, gravement.

Très.

 

Le Vicomte, riant.

Ha !

 

Cyrano, imperturbable.

C’est tout ? ...

 

Le Vicomte

Mais...

 

Cyrano

Ah ! Non ! C' est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...

En variant le ton,  -par exemple, tenez :

Agressif : " Moi, monsieur, si j' avais un tel nez,

Il faudrait sur le champ que je me l' amputasse ! "

Amical : " Mais il doit tremper dans votre tasse :

Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! "

Descriptif : " C’est un roc ! ... c’est un pic... c' est un cap !

Que dis-je, c’est un cap ? ... C’est une péninsule ! "

Curieux : " De quoi sert cette oblongue capsule ?

D’écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? "

Gracieux : " Aimez-vous à ce point les oiseaux

Que paternellement vous vous préoccupâtes

De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? "

Truculent : " Ça, monsieur, lorsque vous pétunez,

La vapeur du tabac vous sort-elle du nez

Sans qu' un voisin ne crie au feu de cheminée ? "

Prévenant : " Gardez-vous, votre tête entraînée

Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! "

Tendre : " Faites-lui faire un petit parasol

De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! "

Pédant : " L’animal seul, monsieur, qu' Aristophane

Appelle Hippocampelephantocamélos

Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d' os ! "

Cavalier : " Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?

Pour pendre son chapeau c'est vraiment très commode ! "

Emphatique : " Aucun vent ne peut, nez magistral,

T' enrhumer tout entier, excepté le mistral ! "

Dramatique : " C'est la Mer Rouge quand il saigne ! "

Admiratif : " Pour un parfumeur, quelle enseigne ! "

Lyrique : " Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? "

Naïf : " Ce monument, quand le visite-t-on ? "

Respectueux : " Souffrez, monsieur, qu'on vous salue,

C’ est là ce qui s' appelle avoir pignon sur rue ! "

Campagnard : " Hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !

C' est queuqu' navet géant ou ben queuqu' melon nain ! "

Militaire : " Pointez contre cavalerie ! "

Pratique : " Voulez-vous le mettre en loterie ?

Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! "

Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :

"Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître

A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! "

-Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit

Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit :

Mais d' esprit, ô le plus lamentable des êtres,

Vous n' en eûtes jamais un atome, et de lettres

Vous n' avez que les trois qui forment le mot : sot !

Eussiez-vous eu, d' ailleurs, l' invention qu' il faut

Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,

Me servir toutes ces folles plaisanteries,

Que vous n' en eussiez pas articulé le quart

De la moitié du commencement d' une, car

Je me les sers moi-même, avec assez de verve,

Mais je ne permets pas qu' un autre me les serve.

 

14 mars 2009

Objet d'étude : POESIE.Etude d'un corpus d'entraînement à l'écrit :"L'animal, métaphore du poète."

OBJET D’ETUDE : La poésie.

 

Etude d’un corpus d’écrit de  «  type-bac » :

«  L’animal, métaphore du poète. »

 

Objectifs : Entraînement aux épreuves écrites :

- la question sur le corpus :

- mise en place de la méthode du commentaire composé.,

- entrainement à la rédaction de l’introduction et de la conclusion,

- élaboration du plan.

 

Corpus proposé :

 

Texte 1 : MUSSET,La Nuit de Mai, "le Pélican "1835.

Texte 2 : BAUDELAIRE,(1821-1867) Les Fleurs du mal,« L’Albatros »,1867.

Texte 3 : Tristan CORBIERE, Les Amours jaunes, »Le Crapaud »,1873. 

Texte 4 : ROUBAUD (né en 1932), Les Animaux de tout le monde, « Le Lombric. »1990.

 

Activités proposées :

 

 

Lecture et compréhension des textes :

« Quels points communs existe-t-il entre les textes du corpus ? »

Réflexion en vue de la recherche des idées et de l’élaboration d’un plan .

Travail-Maison :Rédigez une introduction et une conclusion pour le plan de commentaire du poème de Musset.

 

Proposition de PLAN pour le  Pélican :

 

 

I -  Le récit allégorique da la Muse  

      1- La construction du récit

       2 - La visée didactique

       3 – L’assimilation du poète et du pélican

 

II – La souffrance comme source d’inspiration du poète.

     1 – L’expression du mal du siècle.

      2- Les caractéristiques de l’inspiration

       3 – La poésie vue comme le sacrifice du poète .

 

Lectures et recherches personnelles :

 

Révisions des figures de style.

Les règles de la poétique et de la versification.

Groupement de textes : "La consolation."

OBJET D’ETUDE : L’ARGUMENTATION.

 

ETUDE D’UN GROUPEMENT DE TEXTES : « LA CONSOLATION ou l’art de la persuasion dans un moment difficile. »

Problématique d’ensemble : Comment se mêlent les fonctions argumentative, psychologique et esthétique dans ces diverses formes du discours de la consolation ? 

 

Perspective dominante : les procédés, les arguments et les formes de la persuasion.

Perspectives complémentaires :les registres pathétique, lyrique ou ironique

 

Lectures analytiques :

 

François de Malherbe (1555-1628) : Œuvres,

 « Consolation à Monsieur du Périer. »,1598 ou 1599.

François de Malherbe, Sonnets,

Sur la mort du fils de l’auteur,(1627ou28).

Jean de La Fontaine, Fables,

 « La jeune Veuve. »(1678)

François-Marie Arouet, dit Voltaire, Contes Philosophiques, ( « Les deux Consolés . »(1756)

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, (1932)

« Parodie de la lettre de consolation de Montaigne à sa femme. »

 

 Questions préparatoires sur le corpus :

 1) Comment est traité dans les différents textes le thème du temps ?

2) Quels arguments sont mis en avant pour espérer parvenir à une consolation ? Comparez l’efficacité respective de cet argumentaire.

3) Si le sujet traité est grave, montrez que les registres employés ne le sont pas selon les textes.

Textes complémentaires :

Michel Eyquem  de Montaigne, Lettre à son épouse sur la mort de leur première fille.

Activités proposées :

 

 

Entrainement à l’épreuve écrite du baccalauréat :

 

Commentaire : Vous proposerez un  plan détaillé de commentaire sur l’un de ces textes.

Dissertation : De nombreux apologues sont écrits sur un registre plaisant et cherchent à faire sourire les lecteurs : comment peut-on selon vous expliquer la gaieté de la fable ou du conte philosophique ?

Ecriture d’invention : Rédigez un apologue qui illustre le thème du « temps consolateur ».Vous choisirez entre la forme du conte ou celui de la fable en vers ou en prose. Vous adopterez un ton plaisant tout en traitant d’événements tristes.

 

Entraînement à l’oral : les élèves sont amenés à préparer l’exposé de 10 minutes en se servant du plan détaillé qu’ils auront préparé à l’écrit.

 

Recherches iconographiques :

Rechercher des tableaux, des dessins , des sculptures qui illustrent le thème de la consolation.

Groupement de textes : "La consolation."Francois de Malherbe, Sur la mort du fils de l'auteur,1628.

Lien Wikipedia pour en savoir plus sur les circonstances du duel au cours duquel le fils du poète trouva  la mort :   

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc-Antoine_de_Malherbe

Le sonnet que nous étudions est rappelé à la fin de l'article :

Sonnet de Malherbe « Sur la mort du fils de l'auteur »

Que mon fils ait perdu sa dépouille mortelle,
Ce fils qui fut si brave et que j'aimai si fort,
Je ne l'impute point à l'injure du sort,
Puisque finir à l'homme est chose naturelle;

Mais que de deux marauds la surprise infidèle
Ait terminé ses jours d'une tragique mort,
En cela ma douleur n'a point de réconfort,
Et tous mes sentiments sont d'accord avec elle.

O mon Dieu, mon Sauveur, puisque, par la raison
Le trouble de mon âme étant sans guérison,
Le vœu de la vengeance est un vœu légitime,

Fais que de ton appui je sois fortifié :
Ta justice t'en prie, et les auteurs du crime
Sont fils de ces bourreaux qui t'ont crucifié.

 

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