Automne malade

 

Automne malade et adoré

Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies

Quand il aura neigé

Dans les vergers

 

Pauvre automne

Meurs en blancheur et en richesse

De neige et de fruits mûrs

Au fond du ciel

Des éperviers planent

Sur les nixesnicettes aux cheveux verts et naines

Qui n'ont jamais aimé

 

Aux lisières lointaines

Les cerfs ont bramé

 

Et que j'aime ô saisons saisons que j'aime tes rumeurs

Les fruits tombants sans qu'on les cueille

Le vent et la forêt qui pleure

Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

Les feuilles

Qu'on foule

Un train

Qui roule

La vie

S'écoule

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1930

Publié par Typhaine, Pauline et Léa