12 décembre 2014

Le manque de nourriture sur le front

Lors de la bataille de Verdun, l’alimentation est restreinte et difficile: les soldats mangent du mauvais pain, de la soupe... Ils boivent du vin pour oublier leurs problèmes (qu'ils sont à la guerre et qu'ils risquent la mort) mais aussi pour se réchauffer. Ils dorment dans des tranchées ou dans des abris souterrains. Ils dorment habillés et à même le sol. Les conditions sont difficiles quand il pleut ou qu'il fait froid. Les soldats ne se lavent pas et ne peuvent pas se raser (on les appelles "les poilus" pour cette raison.) Ils ont des poux et ils mangent parfois des rats ou d'autres bestioles. 


Les cuisines sont à l’arrière. On désigne donc un soldat dans chaque compagnie pour une corvée de ravitaillement. Les hommes partent avec des bidons jusqu’aux cuisines régimentaires et reviennent les livrer en première ligne. La nourriture est froide, quand elle arrive. Les combattants sont en général assez mal nourris lorsqu’ils sont dans les tranchées. La ration est de 750 grammes de pain ou 700 grammes de biscuit, 500 grammes de viande, 100 grammes de légumes secs, du sel, du poivre et du sucre. Les repas sont souvent arrosés de vin, dont chaque ration est souvent importante pour le combattant. En hiver, c’est le vin chaud, épicé. La nourriture principale du soldat reste le pain. Le soldat porte une ration de combat, composée de 300 grammes de biscuit, dit « pain de guerre », et de 300 grammes de viande de conserve, du Corned beef. Les soldats ont chacun un bidon de un à deux litres d’eau. Pour la purifier, ils y jettent des pastilles ou la font bouillir. Lors des combats intenses, le ravitaillement en eau des soldats de première ligne est mal assuré. La nourriture influe beaucoup sur le moral des troupes. La qualité de l’alimentation joue également sur l’état physique du soldat ; les cas de dysenteries et de maladies intestinales sont fréquents. La faim, la soif et le besoin de sommeil dominaient la vie quotidienne des hommes des tranchées.

Nous avons trouvé ce témoignage d'Albert Vidal, conducteur, chargé du ravitaillement à Verdun en 1916 au sujet de deux chefs qui viennent de recevoir un blâme :

"Un blâme pour avoir inutilement exposé cinquante camions pendant six à douze heures au feu possible de l'ennemi ! Un blâme, et ils le trouvent excessifs ! Eux qui punissent de huit jours de prison le conducteur qui, le ventre vide, double des camions arrêtés pour arriver un peu moins tard à la soupe !"

                                                                                                                                                                                                  Katarina, Paul et Youssef

Sources :

http://lewebpedagogique.com/echangemars2008/2008/12/03/la-vie-au-quotidiens-dans-les-tranchees-1914-1918/

Avec la 67è DI de réserve (Paris, Librairie des Champs-Elysées, 1933 à 1938, 4 vol) : carnets de voyage

06 décembre 2014

Paulette

Nous, Jérémi, Elise, Alexandra et Marion, nous vous présentons la vie d'une jeune fille qui a vécu au temps de la Première Guerre Mondiale. C'est un personnage fictif que nous avons inventé à partir de photos prêtées par une élève de 3ème. Les idées sont les nôtres. En fait, c'est le même personnage que celui du spectacle dans lequel nous jouons. Dans le spectacle, elle a 25 ans de plus et c'est pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Elle a quatre enfants et elle n'arrive pas à les nourrir. Nous jouons les enfants de cette femme. Nous travaillons sur le froid, la faim et la peur. Notre réplique dans ce texte écrit par Marcel Aymé (L'attente, extrait du Passe-muraille) est : "Mais qu'est-ce qu'on a fait ?".

Voici un extrait du texte :

"Moi, j'ai toujours un peu peur de rentrer. J'en ai quatre qui m'attendent à la maison. L'aîné a 12 ans. Le cinquième est mort en 41 ans après l'hiver rutabaga. La tuberculose me l'a ramassé. Il aurait fallu de la viande tous les jours et de la nourriture nourrissante. Où donc je l'aurais prise ? [...] Il est mort autant  de dire de faim. Et les autres, ils sont dans le mauvais tournant, eux aussi. Maigres, des pauvres figures blanches, et toujours un rhume ou la gorge, et fatigués, les yeux battus, guère envie de jouer. Quand je rentre des commissions, ils s'approchent de moi tous les quatre, voire ce que j'apporte dans mon sac..."
(Le Passe-muraille de Marcel Aymé)

Venez découvrir sur le blog le personnage de Paulette quand elle avait 12 ans... nous avons même sa carte d'identité !

25 novembre 2014

Lettre d'un soldat allemand à sa soeur

Pour notre première publication, Lucille (3B) a choisi cette lettre d'un soldat à sa soeur extraite de Lettre de poilus (Librio, 2004). On y comprend l'importance accordée à la nourriture et comment celle-ci crée un lien avec la famille.

Christian Bordeching, lieutenant dans l’armée allemande, était le fils d’horticulteurs allemands domiciliés à Brême. Il était étudiant en architecture et écrivait très souvent à sa sœur Hanna. Il fut tué sur le front le 20 avril 1917 ; il avait 24 ans.

Le 24, 25 février 1916

Ma chère Hanna,

J’ai reçu hier ton colis avec la marmelade et aujourd’hui celui avec les oranges et l’œuf. Comme d’habitude j’ai été content au plus haut point, c’était l’unique chose qui m’a été apportée par la poste ce jour, car honteusement l’on espère quotidiennement recevoir quelque chose. Les gourmandises que je préfère sont tout d’abord les biscuits et les cakes, puis ensuite le chocolat, le massepain, le miel, les oranges et les bonbons acidulés.

Aujourd’hui je te joins à ma lettre quatre marks. J’ai envoyé à la maison des photos, vas-y pour les voir.

Fahlbush se porte bien ainsi que les autres bonshommes. Tu me demandes ce que nous mangeons. Dans la semaine en moyenne deux fois de la soupe aux pois à la couenne de lard, deux fois du bouillon de riz sucré, une fois des haricots verts et une fois de la soupe de riz avec de la viande de bœuf. On mange à même le couvercle de notre casserole de fer, et j’ai toujours dans ma poche ma cuillère, juste essuyée à l’aide de papier. Tous les huit jours, je dors une fois sans mes bottes, tous les dix jours je change de chaussettes et je reçois ma solde de cinq marks trente. Je dors toujours habillé, les pieds enfoncé dans un sac, le manteau par-dessus, puis recouvert d’une couverture de laine où je m’enfouis entièrement dessous. Pour nous asseoir, nous avons au mieux une caisse, mais le plus souvent rien du tout. Nous nous asseyons par terre, sur la paille. Dans notre groupe, nous allons chercher notre café dans une batterie de cuisinefrançaise, c’est très grand et chacun se sert lui-même avec sa tasse souillée. Personne n’a peur de la crasse : on s’y est habitués ; on rince, on boit et l’on se lave dans l’eau des tranchées. Mon bonnet à l’intérieur à l’air d’une caisse de charbon et des nuages de poussière sortent de mon uniforme. Je ne peux me laver que tous les deux jours. Tu devrais voir nos latrines, elles sont à mourir de rire : un simple tronc de bouleau où l’on est aligné derrière contre derrière et qui offre, du chemin principal, une belle vue. Nous avons eu si peu de pain cette semaine que la plupart ont déjà mangé leurs biscuits de secours. Si tu veux en savoir davantage, tu n’as qu’à me demander des détails.

Tu peux sûrement t’expliquer ma mauvaise écriture, assieds-toi donc par terre, mets un livre sur lequel tu peux écrire sur tes cuisses, et pose entre tes genoux une bouteille avec une faible lumière.

A présent, je vais cesser mon bavardage et je vais bien récupérer, car je suis exempt de service de nuit. Demain vers 11 h 30, il y aura encore de gentilles nouvelles de toi

En grande amitié à sa fidèle sœur qui prend soin de lui.

CHRISTIAN

24 novembre 2014

Présentation

Bienvenue sur notre blog consacré au thème de l'alimentation pendant la Première Guerre Mondiale.

Chaque semaine jusqu'à la fin février, vous pourrez découvrir notre article qui présente des témoignages de soldats ou des documents d'époque.

Vous découvrirez aussi Paulette, personnage fictif imaginé dans le cadre de l'atelier théâtre. 

Il y a aussi l'agenda dont les pages rythment les publications en évoquant ce qu'il s'est passé ce jour-là : la bataille de Verdun, les 14 points du président Wilson, l'armistice de Brest-Litovsk et bien d'autres...

Alors, rendez-vous chaque semaine (sauf pendant les vacances de Noël) et merci d'avance de nous lire et de nous laisser vos commentaires.